06.11.2009
SEJOUR EXTRA-TERRESTRE EN BOURGOGNE
Je me suis absentée une semaine de mes montagnes chéries pour passer les 4 premiers jours dans cet ancien coprs de ferme sis en Bourgogne, côté plaine de la Saône, pour y voir mes parents...
C'est ici que j'ai vécu 4 mois par an en alternance avec un logement HLM dans le 92 car ma mère était enseignante. C'est son fief. Ce village était peuplé d'une longue lignée de la famille de ma grand-mère maternelle (que je n'ai pas connue mais dont je porte le prénom) qui était la soeur de 8 autres gamins... d'où une papardelle de tantes, d'oncles, de cousins, petits-cousins et autres emmerdeurs qu'il fallait se farcir.
C'est ici que j'ai grandi, que j'ai fait les 400 coups, que j'ai effeuillé la marguerite, que j'ai beaucoup pleuré de n'être pas aimée de ma mère, ici aussi que je me suis étiolée, que j'ai perdu espoir, que je me suis noyée dans le brouillard...
Cette maison est tout droit sortie des "Art et Décoration" des années 60 à 80 où tout est splendide et riche au regard mais n'a jamais eu aucun point positif côté confort rationnel... Ah ! Les intellos... ...
Enfin, c'est là que se trouve aussi mon père que j'ai eu beaucoup de plaisir à revoir. Mais ce mini-séjour m'a permis de constater que je n'avais aucun regret, aucune nostalgie, aucune mélancolie pour ce lieu qui m'apparaît totalement étranger désormais. Je remercie mon psy qui m'a aidé à tirer un trait sur une énorme malle de souffrances contenue dans les 4 murs de cette barraque.
Et soyez assez aimables pour ne pas me dire que les blessures se referment avec le temps... les cicatrices font souffrir aussi.
18:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
PETIT JUDAS POUR PAPA
Mon père a toujours eu une prédilection pour ce patchwork que j'ai réalisé il y a une dizaine d'années. Le mien mesure 90cm x 70cm et trône, isolé, sur un pan de mur de ma maison d'en bas. C'est curieux, mon père a toujours gardé une photo du patchwork original dans son merveilleux atelier-chambre-bureau qui regorgent d'oeuvres modernes. Chaque fois que je l'ai au téléphone et que nous discutons d'art et de culture ou de littérature, il me place un mot sur ce patch. Le regard l'attire, l'intrigue, le déstabilise, le rassure aussi... Enfin, ce regard interpelle...
Lorsque j'avais fait le premier, l'idée était de mettre à jour un jeu de mots : "judas" et d'imager le double sens de ce mot : le judas d'une porte derrière lequel on peut voir sans être vu et Judas Iscariote bien sûr.
L'expression du visage est indéfinissable il me semble. Suivant ses humeurs on peut lui attribuer une immense lassitude dans le regard sur l'extérieur, de la moquerie en étant protéger à l'intérieur de l'huis et puis tout ce que vous voudrez... Enfin la réalisation est simplissime mais percutante.
Alors comme je suis allée voir mon père récemment, je voulais lui offrir quelque chose qui lui ferait un immense plaisir, plaisir des yeux et de l'âme qu'il a d'aussi torturée que moi. Alors la veille de partir en Bourgogne j'ai passé une dizaine d'heures à lui réaliser ce "petit Judas" de 70cm x 50cm, en feutrine et tissus de coton en rebrodant chaque contour au point de bourdon ou de feston.
J'avais le dos en compote mais j'ai réussi ce challenge et mon père a été ému aux larmes de le recevoir... ce patch sera un lien supplémentaire entre nous parce que nous pensons souvent la même chose des "Zôtres", ceux qui nous bouffent la vie.
C'est souvent dans l'urgence "mentale" que j'ai (enfin, je pense) réalisé mes plus beaux patchworks... La souffrance est une source inépuisable de création.
A mon père donc,

18:04 Publié dans PATCHWORK | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


