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20/12/2008

LE JARDIN DE DANIELLE

AMOURS EN CAGES Redim 40%.jpgMES AMOURS EN CAGE. LE JARDIN DE DANIELLE DANS LES CHOUX

Evidemment il faut avoir lu l'article de Danielle sur www.boutfil.hautetfort.fr pour comprendre la suite. Mais je résume quand même parce que ça me met en colère. Danielle habite Paris et cultivait jusqu'à ces derniers jours une parcelle de "jardin ouvrier" qui lui apportait beaucoup de joie ainsi qu'à sa petite fille Victoire. Il est vrai qu'avoir la chance de cultiver son jardin en plein Paris est un bonheur enviable... J'ai connu Paris, j'y ai vécu, et sans jardin.

Alors évidemment, le fameux jardin ouvrier partagé entre jardiniers amateurs a une chef. Et la chef, comme tous les petits chefs frustrés, fait règner l'ordre et la rigueur qui lui conviennent. Et les détenteurs de parcelle de jardin jasent entre eux, chuchotent des horreurs sur la Chef mais courbent l'échine quand la Chef se pointe. Pas Danielle. Danielle, elle avait du rêve dans son jardin, de la poésie, de l'amour pour montrer à Victoire que les légumes ne poussent pas en boîte. Elle a pourtant une patience d'ange Danielle et un bon esprit pour le partage et la solidarité, elle est très loin d'être sotte et son humour est décapant faute de n'avoir eu que des bons moments en famille. Danielle c'est une battante, mais en douceur, en finesse.

Ben la Chef des jardins l'a fait craquée. L'accession au pouvoir est une pathologie, à quelque niveau qu'elle se situe. "J'suis chef ! j'vais pouvoir me défouler sur les autres et même si je ne dis et fais que des carabitouilles, les autres ne pourront pas faire autrement parce que je suis chef !". C'est petit, très petit, très très petit. VRAIMENT PETIT.

J'ai travaillé pendant plus de 20 ans dans la plus grande boîte d'intérim de France comme employeur salarié dans une agence où je gérais seule plus de 100 salariés qui travaillaient dans la métallurgie. Je n'ai jamais voulu être "chef". J'ai emmerdé toute la société parce que je tenais cette agence à bout de bras, avec un chiffre d'affaires plutôt satisfaisant mais je ne voulais qu'on écrive "chef d'agence" sur mon bulletin de salaire. C'est comme ça. Je faisais tout de A à Z mais je ne voulais pas être "chef". J'ai été l'angoisse de la certification qualité (AFAQ ISO 2002) parce qu'on me planquait dans les organigrammes. J'étais la seule agence sur 600 qui n'avait pas de chef.

Et je reste convaincue que j'ai eu raison. J'en ai connu des chefs...

Mes chefs préférés sont ceux qui bidouillent en cuisine dans les bons restaurants.

Dommage pour le jardin de Danielle. Il était très beau. Elle m'envoyait de belles photos. C'est Victoire qui va être fâchée.

Voilà, cette photo est pour Victoire : de vrais citrons, ceuilli sur un vrai citronnier (c'est un grand arbre Victoire). Ils viennent de Cannes, une ville tout en bas à droite de la carte de France (Mamie Danielle te montrera). Le citronnier a des belles feuilles vernissées et larges, il y a plusieurs citrons sur une même branche.

J'suis en colère que la Chef soit assez stupide pour se séparer de Danielle et priver Victoire de voir pousser une petite graine...

CITRONS DE CHRISTINE DEC 2008 Redim 45%.jpg

 

 

 

08/12/2008

JE SUIS UN SAINT-BERNARD

24 NOV 2008 PREMIERE NEIGE LE TEILLON.jpgIl a neigé, il a gelé. Il a reneigé, il a regelé. C'est de la physique et des mathématiques.

Je n'ai pas à me plaindre de mon paysage quotidien. Je l'ai choisi. C'est mon refuge contre les bipèdes. Mais à 1000 mètres d'altitude, même si on doit accepter les aléas climatiques, il est parfois difficile de s'en sortir. Nous sommes une poignée de "Bastiens" dans ce hameau et le premier venu pourrait penser qu'une solidarité indestructible nous lie surtout quand les conditions météo sont difficiles. Et bien pas du tout ! Tous des "moi d'abord". Je me suis retirée voilà plus de 6 ans dans ce "trou" pour être en symbiose avec la nature et oublier combien on peut être seule dans la foule. Mais le pourcentage de cons est le même où que l'on se trouve. Hélas...

Il y a 15 jours, il est tombé 6 cm de neige (quelle chance pensent certains !). Et il a gelé immédiatement après, transformant la poudreuse en une croute de glace de 4 cm d'épaisseur. Les températures nocturnes et diurnes oscillent entre -12° et -4°...

Et puis il a re-neigé la semaine dernière : 10 cm de poudreuse sur la croute de glace. Mais il a gelé immédiatemenet aussi derrière, rendant mon chemin qui mène à la route totalement impraticable. Je suis restée 2 jours bloquée chez moi. (Il m'arrive souvent de ne pas avoir envie de sortir pendant plusieurs jours : mais c'est un choix. Là, je n'ai pas supporter l'idée de ne pas pouvoir sortir de chez moi... vous sentez la différence ?).

Alors je me suis mise en demeure de casser la glace à coup de pioche et de pelle. J'ai travaillé comme un forçat, suant, pleurant de froid. J'ai fait des efforts physiques monstreux pour dégager quelques mètres carrés (dérisoires par rapport à la distance maison/route). Casser la glace sur 4 cm d'épaisseur c'est comme si vous vous attaquiez à un mur banché... Du béton. Trois bougnettes dans la pelle et on recommence. Exténuant. Pendant que je m'échinais avec mon pic et ma pelle, il est passé 2 voitures avec un mec dans chacune. Ils m'ont regardé tous les deux en faisant : "Ah ! lala ! c'est dur !" avec leurs mains velues et leur tronche de cake. Vous croyez qu'il y en a un qui se serait arrêté en se disant : "une femme seule qui en bave des ronds de chapeau pour casser la glace, je vais m'arrêter et lui donner un coup de main !" ? Nada ! D'autant que ma route ne dessert rien d'autre que les hameaux. Dans un sens, on va chercher le pain, dans l'autre : on le ramène à la maison. Peut pas dire qu'on a  un rendez-vous urgent chez l'ophtalmo quand on passe devant chez moi... J'étais enragée. Les cons ! Les mecs ! En plus de ça, mon crétin de voisin me regardait faire avec ses deux mains sur le manche de sa pelle, un peu planqué derrière son tas de bois. Je hais les bipèdes ! Je suis rentrée dans ma maison, je me suis écroulée dans un fauteuil au coin du feu, les yeux brûlés par la réverbération et les larmes et tous les membres en vrac. Moi je sais pas, mais je serais passée en voiture devant une bonne femme toute seule entrain d'essayer de dégager une sortie, je me serais arrêtée pour l'aider. Paraît que je ne suis pas normale...

Et puis est arrivé mon sauveur, un ami de Castellane (la ville quoi, à 10 km) qui s'étonnait de ne pas m'avoir vue les jours précédents. Il a vite compris et a fini le travail. J'ai enfin pu sortir de chez moi. Je suis allée à Castellane pour quelques courses. Je me gare près de la poste et qu'est-ce que je vois ? Une femme encombrée de colis énormes qu'elle essaie de trimbaler sur un diable jusqu'à sa voiture. ça tombe de tous les côtés, il y a du verglas de surcroît, elle en bave. Et qu'est-ce qu'il ya au milieu de la rue qui attend que la dame dégage le passage : un 4x4 de chasseur avec un mec bien au chaud dans sa bagnole qui regarde la pauvre dame, les bras croisés sur le volant de sa bagnole surchauffée. Je ne peux pas me retenir, c'est plus fort que moi. Je gueule : "mais tu ne vas descendre de ta voiture et aider cette dame à s'en sortir au lieu de rester comme un con à attendre qu'elle dégage la rue en suant sang et eau ?". Ce genre de situation me rend littéralement hystérique. Alors "super chasseur" est descendu de son quatreu-quatreu (en provençal) et il a aidé la dame. Moi, ça me vide ce genre de truc, ça me met en vrac, ça me décompose, je me ventile façon puzzle (Audiard).

Et au super-marché local, ya la croix rouge qui demande un geste de solidarité. Je le fais. Comme toujours et de bon coeur. Et dans les rues il y a des banderoles pour le Téléthon, j'y participe. Ya plus de fric pour acheter un char d'assaut que pour payer les chercheurs. En gros, la France trouve toujours du fric pour tuer, mais pas pour guérir. Et je suis certaine que les 2 abrutis qui m'ont vu pelleter comme un forçat casquent aussi en pleurnichant pour le Téléthon. Mais ce qu'ils ont devant les yeux, à portée de main et de coeur... non ! c'est trop !

01 DEC 2008 D la table ronde redim.jpg

Mercredi dernier, je raconte ça à mon psy qui siège à Fréjus (pas le tunnel, dans le Var, sur la Côte), je suis dégondée, survoltée, écoeurée... Je m'autorise même à lui dire que tous les mecs sont des sales cons et que je ne suis pas prête de me réconcilier avec l'humanité une fois de plus.

Il est gentil mon psy, un tantinet moqueur des fois... ce n'est pas lui qui vient déverser son trop-plein de rancoeurs dans un fauteuil en rotin hyper-confortable au 1er étage d'un immeuble neuf.

Il me dit : "vous êtes un vrai Saint-Bernard !" - "Il ne faut pas !". J'aurais envie de lui envoyer un coup de pelle à neige en travers de la face. Mais je lui pardonne, il n'a pas aimé d'être inclus dans les mecs qui sont cons. Il a son honneur aussi lui. Mais les bras m'en tombent quand même...

Alors de nos jours, faut plus tenir la porte à la vieille dame, faut plus aider quelqu'un à traverser la rue, faut plus donner un coup de main à une personne en difficulté, faut plus ouvrir son coeur et ses bras. Parce que ce n'est pas "la norme". Comment je fais, moi, pour survivre avec des mentalités comme ça ? Je me soigne. Je me soigne à cause des Zôtres.

Et vous ? ça va ?